Les demandeurs américains suivent un parcours légèrement différent pour obtenir une preuve de citoyenneté canadienne comparativement aux autres ressortissants étrangers, et la différence n'est pas celle que la plupart des gens pensent. Les documents d'état civil dont ils ont besoin sont répartis entre les bureaux de statistiques de l'état civil des États américains et les archives provinciales canadiennes, et le goulot d'étranglement le plus courant n'a rien à voir avec l'admissibilité et tout à voir avec le côté de la frontière où l'ancêtre est décédé.
Voici un guide rédigé spécifiquement pour les résidents américains qui souhaitent revendiquer la citoyenneté canadienne en vertu de la réforme de décembre 2025. Il présume que vous avez déjà établi votre admissibilité — sinon, commencez par Citoyenneté canadienne par filiation 2026 — admissibilité selon la nouvelle loi.
Où présenter une demande
Les Américains n'ont pas à se rendre au Canada ni à visiter un consulat canadien. La demande de preuve de citoyenneté est envoyée directement par la poste au Centre de traitement des demandes d'IRCC à Sydney (Nouvelle-Écosse) (la même adresse, peu importe où habite le demandeur), ou soumise en ligne par le portail d'IRCC si le demandeur possède un compte vérifié.
La voie du portail en ligne est plus rapide au départ — la demande parvient à IRCC le jour même — mais plus lente en pratique pour les demandes par filiation parce que les documents justificatifs doivent quand même être téléversés en format PDF et les limites de taille de fichier obligent la plupart des demandeurs à compresser les documents d'état civil, ce qui échoue parfois au contrôle de lisibilité. La voie papier est plus fiable pour les demandes par filiation précisément parce que les copies papier des documents originaux sont ce que les agents d'IRCC préfèrent.
La recommandation actuelle de canada.ca pour les demandes par filiation : soumettre sur papier si vous avez des copies certifiées de tous les documents.
Frais, payables en dollars canadiens
Le barème des frais de 2026 pour la preuve de citoyenneté canadienne :
- 75 $ CAD par demandeur adulte
- 75 $ CAD par mineur (moins de 18 ans)
- Aucun tarif réduit pour les familles ; chaque personne constitue une demande distincte
Le paiement se fait par carte de crédit via le portail de paiement en ligne d'IRCC. Un reçu est généré immédiatement et doit être inclus avec la demande papier. Les Américains qui paient en dollars américains verront les frais convertis au taux interbancaire du jour plus les frais de transaction à l'étranger de l'émetteur de la carte — habituellement de 1 à 3 % au-dessus du taux du marché.
Les frais couvrent uniquement le traitement. Ils n'incluent pas le coût d'obtention des documents sous-jacents (les frais de documents d'état civil des provinces canadiennes varient de 35 à 75 $ CAD chacun ; les frais de documents d'état civil des États américains varient de 15 à 45 $ US chacun). Pour une chaîne typique de quatre générations — demandeur, parent, grand-parent, arrière-grand-parent — le budget documentaire s'élève à 200–500 $ US avant même que les frais de demande à IRCC ne soient envoyés.
Le formulaire : CIT 0001 en langage clair
La demande de preuve de citoyenneté utilise un seul formulaire, CIT 0001. Il compte huit pages et semble plus intimidant qu'il ne l'est.
Les champs qui importent pour les demandes par filiation :
- Section A demande les renseignements d'identification du demandeur. Utilisez le nom exactement tel qu'il apparaît sur un passeport américain ou une pièce d'identité émise par l'État, et non un nom de jeune fille ou une version anglicisée. IRCC fait correspondre la demande aux dossiers gouvernementaux par orthographe exacte ; le rejet le plus courant est une non-concordance de nom.
- Section B demande comment la citoyenneté a été acquise. Pour les demandes par filiation, sélectionnez l'option B2 (« né à l'extérieur du Canada d'un parent ou grand-parent canadien »). Le formulaire demande ensuite les détails de l'ancêtre canadien.
- Section C est l'endroit où la chaîne est documentée. Chaque rangée représente un ancêtre entre le demandeur et la source canadienne. La plupart des demandeurs américains ont besoin de trois ou quatre rangées.
- Section D demande des renseignements sur les demandes de citoyenneté antérieures. La plupart des demandeurs par filiation n'en ont aucune.
- Section F est la déclaration. Elle doit être signée devant un répondant — voir ci-dessous.
Nous parcourons chaque champ, avec des exemples, dans CIT 0001 — comment remplir correctement la demande de preuve de citoyenneté canadienne.
Le problème du répondant
La demande exige un répondant qui connaît le demandeur depuis au moins deux ans et qui répond à des critères professionnels précis — citoyen canadien, détenteur légal d'un passeport américain avec identité vérifiable, certaines professions. La liste originale d'IRCC précisait uniquement des répondants canadiens ; la mise à jour de 2024 l'a élargie à « une personne de bonne réputation » dans l'un ou l'autre pays, mais les instructions en langage clair du formulaire ne sont pas entièrement à jour.
Pour les Américains, les options les plus simples sont :
- Notaire public, titulaire d'un permis américain (tout État)
- Avocat titulaire d'un permis (barreau de tout État)
- Médecin ou dentiste
- Maître de poste
- Directeur de banque
- Chef religieux d'une confession reconnue
Le répondant signe la photo au verso, voit le demandeur en personne et fournit son numéro de permis professionnel. La notarisation seule n'est pas un substitut — IRCC veut le contexte professionnel du répondant, pas seulement un témoin de signature.
Documents avec lesquels les Américains éprouvent généralement des difficultés
Trois catégories causent le plus de problèmes :
Actes de naissance du Québec d'avant 1908. Le Québec n'a pas centralisé l'enregistrement civil avant 1926. Les naissances antérieures étaient enregistrées par la paroisse catholique où la famille assistait à la messe. Les registres paroissiaux existent pour presque tous les villages de la province, mais ils sont dispersés entre la Société de généalogie du Québec, les archives provinciales de BAnQ et les archives diocésaines individuelles. La Collection Drouin, numérisée par FamilySearch, en couvre la plupart — mais localiser la page précise exige de connaître le nom de la paroisse, que les familles ont souvent oublié une génération après leur départ.
Noms de famille courants. Tremblay, Bouchard, Gagnon, Roy et Côté sont des noms de famille québécois extrêmement courants. Sans village précis ni année de naissance, une recherche par nom de famille seul retournera des milliers de dossiers. Pour affiner, il faut le nom du conjoint (la convention québécoise était d'enregistrer les deux parents au baptême, donc le dossier d'un enfant nomme le nom de jeune fille de sa mère — souvent le seul élément de distinction disponible).
Documents en français. L'enregistrement civil du Québec et les registres paroissiaux sont en français pendant toute la période coloniale et post-Confédération. IRCC accepte les documents français sans traduction (le Canada est officiellement bilingue), mais les répondants américains et les soumissions de documents du côté américain au Québec exigent des traductions certifiées. Les traducteurs facturent de 25 à 50 $ US par page ; pour une chaîne de quatre générations, c'est 200 à 400 $ de plus dans le budget.
Ce que signifie « copie certifiée » dans ce contexte
IRCC exige soit des originaux, soit des copies certifiées conformes. Le processus de certification diffère selon le type de document :
- Documents émis aux États-Unis (naissance/mariage/décès d'État) : demandez une copie certifiée directement au bureau de statistiques de l'état civil de l'État, avec le sceau d'État en relief. La plupart des États facturent de 15 à 35 $ US par copie certifiée. Ne photocopiez pas une copie certifiée déjà émise — IRCC les rejette.
- Documents émis au Canada (documents d'état civil provinciaux) : demandez des copies certifiées au bureau de statistiques de l'état civil de la province émettrice. Les coûts et les délais de traitement varient considérablement : ServiceOntario de l'Ontario facture 35 $ CAD avec un traitement de 6 à 8 semaines ; le Directeur de l'état civil du Québec facture 36 $ CAD avec un traitement de 12 à 15 semaines.
- Registres paroissiaux catholiques : le diocèse local ou les archives généalogiques émettent des copies « extraites ». Elles sont acceptées par IRCC si les archives émettrices figurent sur la liste canada.ca des sources reconnues. La Collection Drouin elle-même est acceptable.
Où trouver les actes de naissance, de mariage et de décès canadiens couvre chaque province en détail.
Délai de traitement, en pratique
La norme de service publiée d'IRCC est de 5 mois. Le délai de traitement réel en date de mai 2026 est plus proche de 12 mois, les demandes par filiation prenant plus de temps que les naturalisations ou les confirmations simples parce que l'examen des documents est plus complexe.
Ce n'est pas lent selon les normes historiques — avant 2026, la même attente était de 6 mois — mais la vague de demandes par filiation après la réforme a allongé la file d'attente. IRCC a ajouté du personnel au Centre de traitement des demandes de Sydney ; l'arriéré devrait être résorbé d'ici la fin de 2027.
Un article distinct suit cette mesure chaque semaine : Délais de traitement de la preuve de citoyenneté canadienne — actuels par type de demande.
Ce qui se passe après l'approbation
IRCC envoie par la poste un certificat de citoyenneté canadienne — une carte plastifiée de format portefeuille et un certificat papier, tous deux livrés ensemble. La carte plastifiée est ce qui est utilisé à la frontière, le certificat papier est le document officiel.
Une fois celui-ci en main, le demandeur peut demander un passeport canadien par l'entremise de Passeport Canada (ou par l'entremise de tout consulat canadien, y compris l'ambassade à Washington DC et les consulats à New York, Boston, Detroit, Atlanta, Chicago, Dallas, Denver, Houston, Los Angeles, Miami, San Francisco et Seattle pour les demandeurs établis aux États-Unis). Le traitement du passeport est une étape distincte — actuellement de 6 à 8 semaines pour les demandeurs établis aux États-Unis — avec son propre barème de frais (120 $ CAD pour un passeport de cinq ans, 160 $ CAD pour un passeport de dix ans).
L'autre changement pratique après l'approbation : le demandeur devient contribuable canadien s'il répond au critère du nombre de jours de résidence. Nous couvrons ceci dans Impôts sur la double citoyenneté américano-canadienne — FBAR, formulaire 8938, déclarations T1.
Renoncer à la citoyenneté américaine si désiré
La plupart des nouveaux citoyens canadiens à double citoyenneté ne renoncent pas à la citoyenneté américaine. Ils bénéficient des deux. Mais certains — particulièrement ceux qui déménagent au Canada et déclenchent la résidence fiscale canadienne tout en étant encore assujettis à la déclaration de revenu mondial américaine — choisissent de renoncer plus tard, après s'être établis au Canada.
Le processus de renonciation est une procédure du Département d'État, pas d'IRCC. Il implique le formulaire DS-4079, des frais de 2 350 $ US et potentiellement un impôt de départ substantiel pour les personnes à valeur nette élevée. Nous couvrons les mécanismes dans Renoncer à la citoyenneté américaine en tant que nouveau Canadien — DS-4079 et impôt de départ.
Conclusion pour les demandeurs américains
Le parcours est documentable, les frais sont raisonnables et l'admissibilité était rétroactive au 15 décembre 2025. La friction se situe entièrement dans la collecte de documents — construire la chaîne familiale jusqu'à un ancêtre canadien et obtenir des copies certifiées des actes de naissance, de mariage et de décès de chaque génération.
Pour la plupart des Américains d'ascendance canadienne-française, la chaîne remonte de trois à cinq générations jusqu'à un ancêtre québécois qui est parti pour la Nouvelle-Angleterre entre 1840 et 1930. Les recherches de Patrick White estiment que cela touche environ un quart des Néo-Anglais actuels.
Commencez par cartographier ce que vous savez déjà — noms, dates approximatives, villes — puis travaillez à rebours à partir des dossiers américains (où la documentation est la plus facile) vers les dossiers canadiens (où la documentation se trouve). La demande elle-même est la dernière étape, pas la première.
Source : Demander une preuve de citoyenneté canadienne — canada.ca, et le communiqué source sur l'amendement de décembre 2025 à la Loi sur la citoyenneté.
Une petite partie de cet article — le soutien à la recherche, la vérification croisée des faits et la révision linguistique — a été assistée par des outils d'IA. Les décisions éditoriales, la vérification des sources et l'approbation finale restent du ressort de notre équipe.